Léonide Féodorof : Entre Rome et Moscou
L'Exarque Léonide Féodoroff
Disciple de Solovioff. Etudes à Saint-Pétersbourg et à Rome. Prêtre et moine. Promoteur de l'unité chrétienne. Dans la tourmente révolutionnaire
Auteur Paul Mailleux SJ
Desclée de Brouwer
Nihil obstat Bruxellis 9 mai 1966
Imprimatur 23 maii 1966 + De Keyzer
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L'exarque Léonide Féodoroff et son Eglise-témoin.
Chapitre premier
L'étudiant de saint-Pétersbourg
Neuf heures du matin. Au Deuxième Gymnase de Saint-Pétersbourg, chaque journée de classe commence par un rite identique: les élèves en uniforme montent en rangs dans la grande salle; l'aumônier de l'école, un prêtre orthodoxe à longue barbe, aux cheveux tombant sur les épaules, les attend debout devant une icône de la Vierge, il est revêtu de l'étole byzantine qui lui descend presque jusqu'aux pieds. Dès que tous sont entrés, un élève de la classe supérieure psalmodie la prière du matin et lit un extrait de l'évangile. Avant de se retirer, chaque garçon vient recevoir debout, la tête inclinée, les mains placées l'une sur l'autre à la hauteur de la poitrine, la bénéiction du prêtre. En passant devant le directur du gymnase, il le salue militairement et monte ensuite dans la classe où il est affecté. La journée se pousuit alors, comme dans tous les lycées du monde, par de scours entrecoupés de brèves récréations.
Au gymnase, se coudoient à cette époque des jeunes gens de conditions sociales diverses. De lourdes calèches ou des traîneaux y déposent chaque matin des fils de cette aristocratie pétersbourgeoise pour lesquels l'argent ne compte guère plus que l'air qu'ils respirent. A côté d'eux y entrent aussi des fils d'artisans ou de commerçants modestes qui veulent s'élever dans la société et laissent percer parfois un brin d'aigreur envers leurs compagnons plus aisés. La discipline de l'école est d'allure militaire. L'attention des maîtres et leurs efforts se portent beaucoup plus sur le développement intellectuel des élèves que sur leurs formation morale. Les petits de douze ans ont déjà tout lu; tel surveillant des internes en chasse de popularité, s'est fait une spécialité de conversations grivoises. Le respect humain exerce sur ces jeunes sa tyrannie paralysante


La Basilique saint Pierre à Rome

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